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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 11:19

 

yqp0fsji« Il y a cinquante ans, le 4 avril 1961, était inauguré à Orléansville, le Centre Culturel Albert Camus. Ce centre devait être conçu dans le cadre du plan de reconstruction d’Orléansville après le séisme de 1954. Camus qui s’était rendu à Orléansville avait fait part à Miquel et Simounet de ses observations sur un projet de théâtre au sein de ce centre. A l’occasion de l’ouverture de ce centre, il y, eut quelques manifestations artistiques. Mon père, le peintre Louis Bénisti, qui avait travaillé avec Miquel et Emery au théâtre de l’Equipe d’Albert Camus dans les années 30, devait de nouveau aider Miquel  en organisant une exposition de peintre amis de Camus. Parmi les artistes qui exposaient, il y avait Galliero, De Maisonseul, Assus, Caillet, Clot, Degueurce, Suzanne Delbays, Thomas-Rouault, Marie Viton, Étienne Chevallier, Maurice Girard, Nicole ville, Bénisti…..

« Le centre n’était pas un théâtre traditionnel, mais un lieu de théâtre, ressemblant aux Maisons de la Culture, que Malraux devait promouvoir dans les années 60 à Chalons sur Saône, Bourges, Thonon, ou Grenoble. Louis Bénisti nous dit dans un entretien de 1990 :: « il est à noter que Miquel et Simounet se sont  mis d’accord pour mettre sur pied toutes les initiatives théâtrales que Camus, Miquel et Simounet, Émery avaient réunis en étudiant non seulement le théâtre à l’Italienne, le cirque romain, le théâtre japonais, le théâtre oriental et ils avaient essayé de réunir tous ces éléments pour faire ce qu’on pourrait appeler un lieu culturel et c’était véritablement un lieu culturel dans lequel il y avait différentes possibilités de manifestations théâtrales. Il est à noter toutefois que je ne sais pour quelles raisons, à cause peut-être du caractère de Simounet et de Miquel et d’Émery aussi, qui certainement avait participé à la réflexion de ce théâtre, ce théâtre  a été bâti avec un certain rigorisme, un certain puritanisme, on pourrait dire que par exemple il y avait une scène qui se déployait devant un amphithéâtre un peu à la romaine, mais un amphithéâtre de béton avec une circulation, mais point de velours et point de fauteuils et point de coussins, chacun  devant apporter les commodités de son siège. » 

« Il y avait aussi un théâtre de plein air devant la piscine  « sur un théâtre extérieur qui était organisé toujours avec des gradins surplombant un théâtre aquatique constituant une piscine d’un très beau dessin et sur laquelle on pouvait organiser des représentations nautiques. Et ça c’était très beau. ». La cérémonie d’inauguration commençait à onze heures par un discours de Poncet (Ami de Camus NDLR) prononcé dans le théâtre de plein air devant la piscine. Poncet retraça le passé algérien d’Albert Camus et insista sur son intérêt pour la reconstruction d’Orléansville et que «  depuis le 4 janvier 1960, son souvenir nous accompagne chaque jour », il cita Morvan Lebesque qui considérait Camus comme « le dernier des Justes. ».

« L’après-midi nous devions assister à une série de spectacles de théâtre des pièces qui venaient d’être mis en scène avec des jeunes stagiaires du Centre. Il y avait d’abord Meurtre dans la Cathédrale de TS Eliot, mis en scène par Jean Rodien dans le théâtre couvert, puis un spectacle en langue arabe de Ould ville Kaki, avec beaucoup d’intermèdes musicaux et chorégraphiques, puis nous sommes sortis du théâtre couvert pour assister à la représentation de la Mégère apprivoisée de Shakespeare en langue arabe, mise en scène par Kamel Babadoun, dans le théâtre de plein air devant la piscine. Le spectacle devait se terminer par une plongée des acteurs dans la piscine... Nous sommes de nouveau retourné dans le théâtre couvert où la troupe des Capucines présentait un spectacle pantomime : un conte bulgare, un ballet sur une musique de Duke Ellington (…). Après un entracte pour nous permettre de nous restaurer, nous devions voir le soir une représentation de Prométhée enchaîné, dans une mise en scène d’Henri Cordreaux.

 

(…) « Peu de temps, après l’inauguration  du ce centre culturel, devait être inauguré  à Tipasa, le 29 avril, la stèle  à la mémoire de Camus gravé par Louis Bénisti. Sur cette pierre romaine était gravée  une phrase de Camus : Je comprends ici ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure. »

 

(…) « J’ai appris récemment que le Centre Camus était devenu le Centre Larbi Tebessi, du nom du fondateur avec le Cheikh Ben Badis, de la société des Oulémas. Je voudrais signaler à ces honorables fonctionnaires qui ont pris la responsabilité de débaptiser le bâtiment, que Albert Camus fut un jour le défenseur d’un ouléma le Cheikh El Okbi, lorsqu’il avait été incarcéré par l’administration coloniale (…)».

Jean-Pierre Bénisti

             

 

 

Pourquoi ai-je pris de larges extraitsOrleansvilleSimounet-Miquel-Emery233 de cet article  paru sur le blog de Jean-Pierre Bénisti ?

http://www.aurelia-myrtho.com/articles-blog.html

 

Vous l’aurez sans doute remarqué beaucoup de points abordés ont un rapport avec notre histoire et d’autres que vous ne connaissez pas avec mon histoire. photo 126353 4108490 201004081423674

 

 

 

 

 

On y voit  le rayonnement culturel  autour de Camus  qui se préoccupait en Algerie de « l’éducation populaire »avec les premières maisons de la culture, futures MJC, et malgré les événements conflictuels qui secouaient le pays.Des hommes de culture qui avaient foi dans l'avenir continuaient à « construire » : des architectes de renom, des poètes, des écrivains, des artistes peintres.

 

Avez vous déja vu ou entendu parler d'une  telle inauguration ?  dancing padovani - assus

 

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 etienne chevalliersauveur gallierothomas-rouault marie viton caligula 1945 Marie Viton, amie de Camus, créatrice des costumes de Caligula en 1945. Ici Gérard Philipe en Caligula

 

Presque 12 heures de manifestation !  Discours et évocations camusiennes, spectacles de réalisation et de théâtre, avec des œuvres de culture universelle, ou locale, des intermèdes chorégraphiques, des lieux de jeu différents avec un public que l’on déplace, un piscine (eh, on est en Algerie !) sans oublier une restauration qui je le pense faisait large part à la Kémia et à l’anisette, avant un dernier spectacle de soirée avec Eschyle !

 

On y parle de Henri Cordreaux, dont j’ai déjà évoqué le rôle pédagogique majeur en Algerie, et surtout, ce qui est rare de Jean Rodien, qui avait monté là avec ses stagiaires dans un lieu à la scénographie universelle la pièce puissante et mystique de Eliott.

J’ai un souvenir personnel que je vais y accrocher : Jean en stage à Voiron, évoquait l’accent pied-noir  : il imitait  avec un éclat de rire sonore et nasal inimitable, le stagiaire, serviteur de Beckett au moment du retour des chevaliers dans la seconde partie de la pièce et qui hurlait : " blauqué" les portes ! " blauqué" les portes   ! Contraste saisissant d’ambiance avec la réplique de Thomas Beckett : « la maison de Dieu  ne doit être fermée à aucun homme ! » ts eliot 2 T.S. Eliot.  

On y parle  de Camus et de Bénisti. Je n’ai pas connu le premier, mais le second a été mon professeur de dessin au lycée Gautier à Alger, son grand corps voûté et son nez en bec d’aigle lui avait conféré le surnom de Ramsès. C’était un homme exigeant et peu disert qui recorrigeait en direct les croquis malhabiles des uns et des autres avec une aisance impressionnante. Son exigence commençait dans la taille des crayons qu’il voulait très pointus avec une mine renforcée par un ou centimètres de bois en fuseau : pas de taille-crayon, mais le canif !

 Je le fais toujours en pensant à lui.

 

 bénisti

 

J’ai retrouvé Bénisti lors d’un retour en Algérie en 2005, à Tipasa, merveille de ruines romaines qui se font lécher par la mer à 30 km d’Alger. Là face au mont Chenoua qui quand j’étais petit me faisait penser à un dinosaure endormi au bord de l’eau, le sculpteur a gravé pour son ami Camus une stèle sobre et imposante saluant le génie de l’auteur de Noces et de l’Eté.  Je n'avais pu la voir du temps de ma jeunesse.  5118048378 ce961f1ab9 b

 

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commentaires

Joridia 26/08/2011 00:14



C'est en quelque sorte une révélation de la lumière à travers les Essais de Camus. Et des jeux d'ombres qui la révèlent au lieu de nous la faire disparaître.



Joridia 25/08/2011 10:19



Suite du commentaire précédent, où le site n'apparaît pas. Le  voici:


http://www.joridia.net



Joridia 25/08/2011 10:13



C'est le nom d'albert Camus qui m'a ouvert votre site.. Cest pourquoi je me permets de vous annoncer mon spectacle sur cet auteur, espérant que vous pourrez la diffuser,pour que cette
rencontre dans la lumière de Tipasa soit possible avec le plus grand nombre possible.  Tous les d'tails sont sur mon site ci-dessus, particulièrement sous l'onglet PROCHAINS
EVENEMENTS.


Merci d'avance Cordialement  J.L.



marcusimpar 25/08/2011 10:49



bien volontiers, pour ceux qui recherchent sysiphe à Tipasa


cordialement


 



www.aurelia.myrtho.com 08/05/2011 19:23



Merci d'avoir cité un article de mon blog, mais de grâce,dites qui vous êtes


Jean-Pierre Bénisti



marcusimpar 09/05/2011 07:05



Bonjour, merci de votre passage. Sur la question de "mon identité" je vous réponds en mail privé


cordialement


 



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